Loading

Je me souviens.

J'avais 8 ans à l'époque. J'étais une petite fille tout ce qu'il y'a de plus normal, j'aimais mes parents, danser, m'amuser avec mes amies, faire de la corde à sauter.

Mon père était parfait à mes yeux, un homme bon, heureux et qui débordait d'amour pour sa femme et sa fille.
Je n'ai pas eu une enfance malheureuse bien au contraire, j'étais souvent dans leurs bras et couvert par l'amour de mes parents.

Aujourd'hui, j'ai 16 ans et je vis chez mes grands parents.

C'était l'été, un bel été, nous étions en août et tout allait bien. Papa avait pris deux semaines de vacances (ce qui était très rare) et il nous avait emmenées, maman et moi, à Paris pour toute la journée.
Cette journée devait être superbe, gravé à tout jamais dans ma mémoire.

A l?époque, je ne savais pas ce que faisait papa comme travail. Mais je l'ai vite appris.

La journée avait commencée assez tard pour moi. Maman m'avait reveillée vers 10h30 et m'avait préparée mes tartines et mon bol de céréales. Je dejeunais comme à mon habitude seule dans la cuisine.
Après avoir fini, j'ai rangé tout ce qui était sorti et je suis allée à la douche. Maman et papa profitaient de ce moment pour aller faire un jogging comme chaque matin.

Pour midi, papa avait préparé un plat japonais. Papa aimait beaucoup nous faire la cuisine, ce que maman trouvait ravissant. Je me souviendrai toujours du nom de ce plat, c'était des Okonomiyaki.

Nous sommes partis assez tôt pour allez à Paris car nous habitions en lointaine banlieue et je n'avais jamais été visiter tout les monuments qui font la grandeur de cette ville.
J'ai appris énormement de choses durant cette après midi, comme seule une enfant de 8 ans peut le faire. S'émerveiller de tout et de rien avec la naïveté et l'innocence dues à mon âge.

Le soir venu nous devions aller tout les trois dans une grande fête, en fait il s'agissait d'un grand bal de la Police où il n'y avait que des amis de Papa. Je m'amusais beaucoup à la table des enfants et j'étais la seule petite fille que son père venait voir souvent, ce qui était pour moi une source de grande fierté. Il n'était pas très grand, de carrure assez moyenne mais il s?en dégageait un charme fou. Avec ses mimiques et son teint halé, il était vraiment magnifique mon papa. A ce moment là, il était assez jeune, il avait 37 ans.

A un moment, papa est venu me voir pour me dire qu'il sortait dehors avec maman pour discuter tout en fumant une cigarette et que surtout je ne devais pas m'éloigner de la table des enfants. Et je m'appliquais toujours à suivre les consignes de papa. Je voulais qu'il soit fier de moi.
Mais il m'a menti car ni lui ni maman ne sont jamais revenu à la table des enfants.
Papa et maman n'étaient parti que depuis quelques minutes (dans mes souvenirs d'enfants) quand soudain on entendit un grand bruit résonner dans toute la salle? ça m'a fait atrocement peur. Tous les hommes sont rapidement sortis et peu de temps après une amie de maman est venue me prendre dans ses bras en pleurant. Je ne comprenais pas ce qui s'était passé et pourquoi cette dame pleurait en me serrant très fort dans ses bras.

Peu de temps après que mes parents soient sortis du bâtiment, une voiture est passé, un homme en est descendu assez promptement et à sorti un revolver noir, à l'image de ses intentions et de son âme. Il a tiré deux coups de feu, pas un de plus, seulement quelque seconde d'écart entre les deux détonations.
Mes parents venaient de mourir. J'avais 8 ans, je m'appelais Suzie Schnedder.
Ce soir là, j'ai su que mon père était le chef d'un groupe antigang dans la police...

Je m'en suis voulu durant des années et si je n'avais pas écouter les conseils de mon père, je serais morte avec eux...ou peut être qu'il ne se serait rien passé.
Je voudrais tellement pouvoir revenir en arrière afin de changer tout cela, les prévenir. Bien sûr, tout ceci est impossible.

Aujourd'hui, tout ce que je sais dans la vie, c'est que je ne sais rien, excepté qu'ils sont toujours là, dans mon coeur et que rien ne peut et ne pourra changer cela.

J'ai perdu mon enfance mais désormais je vis, je veux vivre et je vivrai quoi qu'il puisse m'en coûter.