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Je vais donc commencer ma petite série "3615 MyLife" par le début. A savoir la période de l'enfance. Qui couvre "ma vie" jusqu'au collège.

Je mix ces parties ensembles car au niveau de l'enfance, il n'y a pas grand chose à dire. J'ai eu une enfance très heureuse, sans aucun soucis. J'étais juste très souvent malade, maladie ORL (Oto-rhino-laryngologie), très certainement à cause de la cigarette (mon père fume). Ca ne m'a pas empêché de fumer un petit peu plus tard et de me faire des chichas de temps à autre.

Quand j'étais enfant, j'étais très "cascadeur". J'ai fait plus d'une frayeur à mes parents. Je suis tombé plusieurs fois des escaliers, une fois d'une échelle. J'ai mangé de la terre, du savon (reste de tablette que l'on mets dans les machines à laver le linge). Je me suis fait écraser par la télévision. Ce qui peut être très impressionant quand on est tout petit.

J'ai également beaucoup déménagé. Je suis né à Senlis dans l'Oise où ma maman a fait toute sa vie. Mon père, qui à l'époque, travaillait au Crédit Mutuel de Chantilly s'est fait muté à Pontpoint (toujours dans l'Oise). Je n'étais qu'un bébé, j'ai des images très vagues de cet appartement mais je pense que je pourrais en dessiner un schéma sur un papier. Il faudrait que je le fasse avec mes parents pour voir.

Puis, encore une mutation vers Lille cette fois, grand moment dans la vie de ma maman surtout, elle va quitter l'Oise. Mon papa a énormément déménagé quand il était enfant, il est habitué et ça ne lui fait plus rien. Pour ceux qui ont vu le spectacle de Dany Boon "A S'baraque Et En Ch'ti", il dit une chose qui est très très vrai. Dans le Nord, on braie (pleure) deux fois, quand on arrive et quand on repart ! C'est exactement ce qui est arrivé à ma maman.

J'ai fait 12 ans de ma vie à Lille, toute mon enfance en somme. Oh, j'ai failli oublier de le préciser mais je pense que c'est quelque chose d'important, je suis fils unique. C'est bête à dire mais.. si vous trouvez que j'ai une imagination débordante, dites vous que à force de jouer seul pendant des années, on est forcé d'être créatif ! Autant cela m'ennuyait profondémment quand j'étais enfant, autant aujourd'hui avec le recul, j'en suis ravi ! Je suppose que c'est pareil pour ceux qui sont dans une fratrie.

La seule chose notable de cette période étant que je commence à me faire pourrir la vie par mes petits camarades car à l'époque, j'étais simplement gros (voir obèse) comme enfant. Et comme vous le savez, les enfants n'aiment pas trop les différences et sont facilement très méchants entre eux.

Pour l'anecdote, je rajouterai la mère d'un de mes petits camarades (copain de l'époque, Julian de son prénom) qui lui avait dit et cela devant moi : "Arrête de manger des bonbons où tu vas devenir commme lui." Prise de conscience type adolescente : le monde est con, je vous enmerde tous. Ca aidera pas pour le reste d'ailleurs.

Avec le recul, je me dois de les remercier, après tout c'est en grande partie à cette époque que je suis me suis forgé mon caractère et que j'ai compris le dicton "la meilleure défense, c'est l'attaque". Ce qui a également fait naître en moi, un humour assez corosif. Je pense que c'est également à force des ces attaques incéssantes que je me vexe très facilement aujourd'hui et que je me ferme assez rapidement. Sans oublier, mon pessimisme et une très grosse dose de misanthropie.

Quand j'étais enfant, j'étais très très mauvais joueur, l'idée de perdre m'était réellement insuportable. J'ai du faire quelques scènes à mes parents lorsque je perdais aux jeux de sociétés je pense. Je vous rassure, j'ai quand même changé depuis le temps ! A ce propos, j'ai une anecdote assez moche, mais après tout c'est la vie et j'ai dis que je vous racontais tout. Je devais avoir une dizaine d'année (cm2 si je me souviens bien) et je jouais au foot dans la cour de l'immeuble avec Julian et c'est ce dernier qui a gagné (de peu si je me souviens bien) et il était content d'avoir gagné (quoi de plus naturel). Et tout ce qui me reviens en mémoire, c'est que j'ai vraiment senti un sentiment de rage m'envahir, la seule chose que j'ai trouvé à faire était de prendre une branche qui trainait quelque part et de le frapper avec. La branche était fine, il était loin, ça à eu un effet fouet très très impressionant (et surement tout aussi douloureux). Je peux vous dire que j'ai encore énormément honte de mon geste, pourtant il y a prescription. Je me souviens encore du regard noir de son père à la porte et moi en face, je n'osais pas avouer mon acte et j'ai nié en disant que Julian mentait. La chose la plus étonnante, était que son père a préféré me croire plutôt que son propre fils. Sur le moment, son geste m'a beaucoup étonné, tout autant que mon acte est impardonnable. Bizaremment, nous sommes restés amis de longues années et puis on s'est complètement perdu de vue suite aux aléas de la vie.

De cette expérience, j'ai appris que la violence était une horrible chose et encore plus le fait de ne pas supporter l'échec dans sa vie. J'ai appris à me maitriser et surtout, accepter de perdre, ce qui a beaucoup facilité la suite (vous vous en doutiez). J'ai également appris que je n'étais pas mauvais à manipuler les gens et les faire croire ce que je veux leur faire croire. Un bon menteur en somme, ce n'est pas une qualité, je l'accorde mais personne n'est parfait ? (Est ce que je cherche à me justifier en disant cela ?)

C'est également à cette période que j'ai commencé à comprendre des choses sur mes origines. Le fait que je vienne d'une famille brassé. En effet, ma grand mère a débarqué de sa Grèce natale, il y a de ça une 50aine d'années pour épouser mon grand père. Mon grand père qui est né à Marseille suite aux génocide Arménien par les Turcs. Il y a beaucoup de femmes dans la famille et ça s'explique très facilement, les hommes sont restés en majorité en Arménie et sont tous mort. Tout ce que je sais, c'est que même si je ne connais pas grand chose de mes origines et que je me sens plus citoyen du monde, européen et bien évidemment français. Je ne peux m'empêcher de vibrer jusque dans mes tripes quand je vois des films, des pièces de théatres qui relatent ces événements. La simple musique qui passait dans "Mayrig - 588 rue du paradis" me fait pleurer à chaque fois, le simple fait d'y penser me noue la gorge. Je n'ai jamais réussi à mettre la main sur cette bande son d'ailleurs... Je n'ai plus rien à voir avec toute cette partie de ma famille et pourtant, je la sens bien présente dans mes veines. C'est peut être ça le sentiment d'appartenance.

J'en ai terminé avec mon enfance. C'est très bizarre, voir même dérangeant de vous raconter tout cela mais... c'est tellement libérateur également. Je vais me laisser une petite pause afin de digérer tout cela et la semaine prochaine je ferai le billet sur le collège ainsi que mes débuts d'adolescent.